Que des images

Oui ce ne sont que des images mais qui peuvent donner une projection convenables d’une réalité. Cela commence par un immense espace où foisonnent, telles des particules browniennes, des demi idées qui se heurtent et souvent disparaissent dès qu’elles rencontrent leur opposée. Il s’entend comme un leitmotiv un nom qui se murmure de partout : Hilbert, dont la douce sonorité est un apaisement à la vectorisation de l’énergie. On peut entrevoir des sortes de bulles qui se forment, grossissent puis disparaissent ; plus rarement elles deviennent presque fiables puis disparaissent à leur tour. Ce sont des tentatives d’univers qui se font par une rencontre triangulaire entre deux idées opposés et une troisième qui les tient à faible distance l’une de l’autre. Si cette dernière peut immédiatement devenir consciente de ses capacités, elle forme le triangle originel auquel viennent comme s’agglutiner d’autres paires d’opposés. Mais presque chaque fois la bulle explose en rejetant au loin les particules désemparées qui rejoignent le foisonnement brownien. La durée éphémère est due à la faiblesse de la troisième idée qui ne peut tout contrôler faute d’avoir mis en place un accès direct à l’énergie de la forte volonté ; alors l’embryon d’évanoui.

Au-dessus de ce champs une immense image informe déverse sans cesse des énormes quantités d’énergie : de la volonté brute primaire sans objet fixé mais qui inonde le champ de sa force motrice.

Il peut arriver dans une partie un peu à l’écart de ce champ que de ce magma émerge une bulle de bonne taille qui semble en équilibre contrôlé. C’est que la troisième entité a pris conscience de la nécessité de l’énergie et a trouvé le moyen d’en canaliser une partie à son profit par induction ; alors le processus peut se développer. D’autres consciences viennent se joindre à la première et un début d’organisation se montre. Cette prise de consciences est nommée Big Bang tant elle est violente psychologiquement.

La première des décisions de conscience est d’imaginer la matière qui sera la colle de fixation des idées et leur transformation en pensées ; la seconde est d’imaginer le temps afin de permettre à cet ensemble de pouvoir être observé puis d’évoluer.

N’oublions pas que cette description est une image ; mais les idées et conscience hypostasiées c’est-à-dire subissant l’emprise de la matière et la dégradation due au temps, imaginent avoir une existence propre. C’est ainsi que débute un univers, notre univers.

Un examen approfondi de la totalité du champs de demies idées permet de percevoir que de son autre côté existe symétriquement mais inversée à tous points de vue une sorte de «contre-univers» fonctionnant apparemment sur les mêmes bases mais à polarité inversée, telle une contre épreuve de construction symétrique à la nôtre ; s’il fallait une nouvelle preuve de la construction duale, nous l’avons. Et, en toute logique, c’était prévisible car dans un vide total vous ne pouvez créer que par paires d’opposés et seulement par l’imagination.

Le système se développant puise dans l’énergie du champs le force nécessaire au stade ultime de son évolution : imaginer la vie ; c’est-à-dire donner aux consciences et à leurs idées agglomérées un espace pour des libertés indispensables à la survie et au développement de l’ensemble. Le processus avance pas à pas avec ses succès et ses impasses conduisant à un retour.

Il faut cependant donner aux consciences une existence propre tout en gardant la structure générale fusionnelle. Soit donc une idée indestructible de bien faire partie d’un ensemble tout en gardant ses libertés évolutives favorisant son développement ; et ce fut la création de la société, outil de bonne tenue des différences consciences selon leurs espèces et modèles créés.

L’univers se développant il devenait de plus en plus difficile de puiser dans le magma originel la matière nécessaire. Se souvenant que toute cette création reposait sur une paire d’opposés il fut aisé d’imaginer un mode de reproduction en créant de nouvelles qualités différenciées ; et ce fut la sexualité.

La machine avait mis en place tous les instruments de son développement harmonieux sinon que le foisonnement d’idées opposées n’était pas sans conséquences. Il nécessitait l’invention de toutes sortes d’outils que l’imagination permettait de construire : Pour commencer l’énergie considérable due à la volonté générale, moteur du système, devait être canalisée pour iriguer le tout ; ce fut la lumière qui sous la forme d’étoiles, inonda l’hypostasie ; l’expérience devant rester sous contrôle il fut crée un lieu de cantonnement des êtres conscients. Ce furent les planètes. L’idée était bonne et fut rapidement mise en œuvre et multipliée sans toutefois accueillir d’autres formes de vie. Et puis comment gérer cette énorme quantité de connaissances qui se faisait jour. La solution fut trouvée par l’organisation d’une croissance des porteurs d’idées similaire au foisonnement de celles-ci afin d’alléger la part de chacun. Consciemment ou pas les porteurs étaient utilisés à cela. Et par un juste équilibre des choses il fut instauré un retour des idées mises au jour vers le champ originel. Ce fut l’inconscient qui fut l’agent discret de liaison entre entités et source. Mais il était indispensable à la survie et au développement de cette construction que les porteurs-acteurs finaux ne puisse pas remonter à la source, ce serait l’anéantissement immédiat de l’univers par la reconnaissance de la fatuité individuelle de cette construction. Il fallait, avant de permettre cela, faire évoluer les porteurs de l’inconscience vers la notion de jeu. Ce fut tout d’abord le théâtre pendant des siècles, puis les jeux de rôle, d’abord vivants, puis, progressivement, le virtuel qui emporta tout sur son passage. A tel point que les participants ont bien du mal à maintenant séparer les deux réalités entre le vécu et le virtuel.

C’est l’accès au stade le plus abouti avant le basculement total dans la réalité virtuelle.

Aussi l’humain ne manquant pas de ressources, a été capable d’imaginer deux solutions échappatoires à sa destinée fondamentale : la première qui fut nommée le bouddhisme fit que, à l’aide d’instruments psychologiques adaptés aux diverses formes de l’esprit humain, lui permettre de se positionner en équilibre entre les deux extrêmes de la dualité générale ; n’étant plus vectorisé, il peut alors échapper à sa destinée. Cela, en raison de son coût élevé dû aux spécificités de chaque école, n’a réussi à convaincre qu’une part marginale dans la société.

Bien plus importante est l’influence anéantissante d’une religion destructrice pour les cultures humaines et le psychisme de chacun de ses adeptes ; il s’agit de l’islam qui exige de ses membres, volontaires ou non, une soumission de tous les instants. C’est la tentative la plus aboutie de la partie autodestructrice de l’esprit humain qui pourrait conduire à l’annihilation de l’expérience en cours. Mais ses promesses et conditions de participation peuvent le rendre très fragile devant une forte volonté opposante. C’est la religion de la décadence.

Ces déformations étant exposées, il reste pour les adultes, ce que la nouvelle physique de l’infiniment petit leur laisse apercevoir : une autre réalité de l’univers très différente de la précédente qui reposait totalement ou presque sur la notion de causalité ; il leur fallait accepter maintenant une autre logique beaucoup moins sécurisante mentalement, avec ses parts d’incertitudes et sa logique statistique. Mais les outils se mettent en place rapidement et d’une matière quasiment simultanément entre la physique quantique et l’intrication, et la notion de synchronicité développée par C.G. Jung pour faire entrer la reconnaissance de l’autre fonctionnement des transferts de la connaissance ne relevant pas de la quasi certitude causale, même si la vérification et le contrôle du résultat impose encore, mais indirectement, de passer par la causalité. La perception de l’univers ne sera plus jamais pareille. De même pour toutes les créations, créatures sensibles jouant à rompre avec la monotonie d’un univers d’idées organisée, la superposition quantique étant prometteuse de possibilités de traitement des idées maintenant justifiées en pensées, hypostasiées ou non !

Ceci entraîne également l’intégration dans l’esprit humain de la réalité des notions d’entropie et de néguentropie ; car si la causalité entraînait nécessairement comme conséquence annexe l’entropie de toutes choses il est découvert que l’infiniment petit, de par même ses lois de fonctionnement, permettait l’inversion de la dégradation entropique par une réévaluation possible et praticable des décrépitudes de l’univers dont la plus simple expression est le dépassement de la dualité par un troisième état créé par la capacité de superposition qui peut conduire à des états multiples de combinaisons. Ce ou ces «peut-être» qui restent inacceptables en tant que états supplémentaires pour les tenants de l’unique causalité devra faire son chemin dans des esprits neufs de nouveaux mathématiciens. Ceci en n’oubliant jamais que les mathématiques sont un outils tant qu’elles n’ont pas pu prouver qu’elles peuvent être par elles même créatrices de vie autre que virtuelle en plus d’être descriptives et parfois explicatives.

Le système et l’humanité va ainsi se trouver devant le choix de la continuité de la vie ou sa transformation en virtuel. Je pense les deux possibles et que nous sommes près de la croisée des chemins. Mais dans les deux cas cela se fera avec une très grande perte de substance quantitativement, ne laissant qu’à un tout petit groupe qualitatif la continuation de l’expérience pour finir en formant ce que certains nomment dieu.

En résumé l’univers est d’abord une machine qui fixe les idées en pensées dans une immense base de données nommée Noé dans la Genèse de l’Ancien Testament, et transforme la vie en un jeu de rôles, ou encore un jeu de rôle transposé en vie.

Et aussi, comme l’a écrit Bergson notre univers serait «une machine à faire des dieux» dans la mesure où ce mot de dieu peut avoir un sens car à quoi peut-il être relatif dans un univers binaire?

Références :

En ce qui concerne les particules errant dans le champ de Hilbert, transformées en objets/images par les consciences on peut en trouver une liste ici : http://slideplayer.fr/slide/3681848/

Mais il s’en crée tous les jours de nouvelles selon les besoins ! Nous nommons cette action «découvrir»

Bergson : Les Deux sources de la Morale et de la Religion (in fine)

Les autres en cherchant sur internet.